Le peuple brigasque

 

Le pays brigasque, appelé Tera Brigasca en langue brigasque, est un territoire habité par les Brigasque, minorité ethnique et linguistique résidant dans une région comprise entre l’Italie et la France.

Il s’agit d’une vaste aire alpine autour du Mont Saccarello, qui a comme centre principal et petite capitale La Brigue,  Briga Maritima en italien, Ra Briga en brigasque.

C’est une région qui a une ambiance de prix, ce qui la rend intéressante du point de vue touristique avec des caractéristiques uniques attirant les amoureux des sports  de la montagne : alpinisme, ski alpin, randonnées et via ferrata. Les grottes karstiques présentes dans la zone réservent aussi des émotions aux spéléologues. L’archéologie et les particularités ethniques de cette culture alpine sont aussi interessantes.

Le peuple brigasque n’est pas tres connu en Italie ou en France et encore moins dans le monde. D’autres peuples, qui ont dans le tems obtenu une forme de tutelle de leur culture, de leurs traditions et de leur spécificité comme par exemple les ladins des Dolomites, sont en comparaison beaucoup plus connu. Le parallele  avec les ladins des Dolomites n’est pas  inutile car, comme les brigasques, cette population alpine a son territoire fragmenté du point de vue administratif, pour ce peuple des Dolomites, il s’agit de trois provinces, le Trentin, Bolzano et Belluno.

Le peuple brigasque, lui aussi est réparti entre l’Italie et la France, et est subdivisé en trois régions (Ligurie, Piémont et Provence), mais aussi entre la province d’Impéria et Cuneo et le département français des " Alpes-Maritimes" . Le peuple brigasque est fortement différencié des voisins ( Ligures, Piémontais, Provençaux, mais au-delà des  régions, des Français et des Italiens), avec sa langue et sa culture propre. Le voisinage de certaines populations limitrophes a beaucoup  contribué à l’acquis des populations concernées.

Cela est aussi du à la situation du territoire briguasque qui a  rendu possible les contacts de cultures diverses même si la population a gardé fondamentalement sa propre culture et ses traditions.


Les brigasques sont  probablement  les descendants des mystérieux graveurs des pierres de la Vallée des Merveilles, un peuple principalement constitué de bergers, habitués  à se déplacer avec les troupeaux tout au long des millénaires.

Malgré l'âpreté  du territoire et le fait d'habiter sur les deux versants opposés de la montagne, les Brigasques se sentent unis: c’est un peuple avec ses propres caractéristiques, différent  des autres populations bordant leur territoire.

La langue brigasque est un élément important de leur cohésion.   Le parler brigasque constitue un  vrai groupe ethnolinguistique. Dans le cas du brigasque, il faut plus justement parler d'une langue et non d'un dialecte, en effet ce langage est fortement caractéristique avec un vocabulaire, une phonétique et des tournures de phrases, c'est aussi une langue par l'importance sociale qu'elle revêt pour la population brigasque,

La langue brigasque fait naturalement partie de la famille des langues d'oc; elle est considérée comme une variante de l'occitan, tant il est vrai que l'on parle d' »occitan briggasque » pour distinguer le parler local des autres branches de la langue d'oc: provençal, niçois, languedocien, etc...

L’apport occitan a été fait par les contacts avec les populations limitrophes provençaux. L’occitan est une famille linguistique qui s’étend sur un large territoire de la vallée d’Aran en Espagne, administrativement dépendante de la Catalogne, jusqu’à la majeure partie du Sud de la France ( comprenant Gascogne , Limousin, Guyenne, Languedoc, Auvergne, Dauphiné, Provence, Camargue) et se terminant dans les vallées piémontaises, de la province de Turin(Vallée du Po, Varaita, Maira, Grana, Stura, Gesso, Vermenagnia, Pesio, Ellero) et plus marginalement jusqu’à quelques localités de la province d’Imperia ( olivettaSan Micheledans la vallée de la Roya et les villages brigasques de Realdo et de Verdeggia). Les parlers occitans sont des émanations de la langue d’oc, --- de la alngue des Cathares et des trouvères du Moyen age et de la poésie de l’Amour Courtois. Le Brigasque présente une composante occitane qui dément la conviction de quelques personnes selon laquelle ce parler ferait partie des dialectes ligures. Le sentiment d’appartenir à la culture occitane est suffisamment partagé par les habitants. Il n’est pas rare d’entendre des Brigasques, dans leur discours, non sans une certaine complaisance, dire qu’ils sont occitanet certains tiennent à préciser que les habitants des localités voisines de leur territoire sont différents par leur manière de parler et de réagir. Les populations qui entourent le territoire brigasque sont culturellement différentes, le parler brigasque  en a incorpré des influences ligures, piemontaises, italiennes et françaises.

La culture est de type pastoral et alpin avec des caractéristiques diverses respectant la culture ligure présente dans la partie basse des vallées de l’Argentine et de la Roya ; elle est fortement différente  des autres cultures et en raison de l’isolement des habitants pendant de longues périodes de l’année, elle est fortement caractéristique au sens alpin et pastoral. Presque tous les habitants du pays brigasque étaientdédiés aux activités pastorales et aux activités collatérales. Ainsi une cukture s’est fortement tissée sur cee éléments agro-silvo-pastoral et a pu s’affirmer car elle était partagée par la majeure partie de la population.

De fait, l’établissement des frontières de 1947 a augmenté la séparation d’un territoire qui, du point de vue historique, culturel et économique constitue un ensemble homogène avec La Brigue comme petite « capitale ». Se pose la question de la répartition administrative finale de Viozène, appartenant à la comune d’Ormea, région de Cunéo et de Verdeggia, commune de Triora, région d’Imperia. Viozene et Verdeggia ne seront pas inclus dans la commune de »Briga Maritima ». Par cette dernière modification de frontières, la commune de Briga  Maritima se retrouve démembrée sur  deux pays, trois régions, deux provinces, un département français et quatre  communes. Précédamment, cette séparation était entre deux régions d’un état unique, c’est à dire l’Italie, deux provinces, trois communes. Comme vous pouvez le voir le nombre d’entités locales administratives qui gèrent le territoire brigasque pour tous les niveaux de compétences des diverses entités locales, ce nombre augmente d’une unité.

Toute initiative dans le but de protéger la culture brigasque pourra remédier à ce démembrement et sauver ce patrimoine culturel qui est menacé  sinon d’extinction. L’association des traditions brigasques,   R’nid’aigura(le nd de l’aigle) et Avastera ont ce but.

Ces associations n’ont pas actuellement de revendications politiques dans le sens d’une autonomie ou encore moins d’une indépendance, mais les brigasques veulent sauver la spécificité de leur langue et de leur culture.

L’identité cuturelle brigasque représente la plus petite des  minorités italiennes mais ce n’est pas la moins attractive; elle a adopté comme popre symbole distinctif »le Soleil des Alpes ». Le symbole rouge,  qui apparaît en position centrale du drapeau mis en entrée du site, associé à une croix cathare, représente ce territoire brigasque et aussi les brigasques qui ont quitté leur terre pour émigrer dans d’autres lieux.

On peut raisonnablement affirmer que la culture brigasque constitue une synthèse ligure, provençale, niçoise et piémontaise mais aussi italienne et française et posède des éléments propres qui la caractérisent fortement.

 

Traduction libre du texte de Roberto Tarabella
(Eliane Lanteri)